[L'analyse du Dimanche] Rembrandt, le début de la révolution : Fuite en Égypte

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[L'analyse du dimanche] La première toile de Rembrandt, La Lapidation de saint-Étienne

Petite remise dans le contexte :

Les pays-bas ont gagné leur indépendance, puis tout est retombé. Rembrandt appartient donc à cette génération d’après-guerre. Cette génération pense qu’il y a d’autres révolutions à faire. Pour Rembrandt, cette révolution se situe dans l’art.

Rembrandt aime peindre avec Jan Lievens, peintre de sa génération. Il veut comparer ses œuvres aux siennes, il veut avancer avec lui. Rembrandt est là, avec sa fureur qu’il voudrait bien communiquer à Lievens. À 20 ans, il veut représenter la vie, la vrai. Il ne veut plus de tous ces masques, ces déguisements qui dissimulent totalement la vie. Il veut que l’art ouvre les yeux sur la vérité.

La révolution commence en 1627. Il peint à cette date une Fuite en Égypte :

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Voici un tableau sans nul doute décisif. Pour la première fois, il ose éteindre la vivacité de sa palette. Seul les gammes du blanc au noir sont présentes dans son œuvre. Des blanc et des noir avec des tons plus ou moins chauds. La couleur a disparut en tant que tel. Le pinceau n’est plus à son service mais seulement à celui des vibrations, des mouvements en surface. Désormais, pour Rembrandt, tout viendra d’un seul geste qui est trait de lumière, créant le volume dans l’obscurité. C’est indéniablement le successeur de Caravage.

Rembrandt a t-il imploré une nouvelle fois le fantôme d’Elsheimer (voir la partie sur Elsheimer ici) ? Oui, on perçoit ici un nouvel écho du jeune Allemand décédé il y a quelques années.

Regardez donc cette Fuite en Égypte d’Elsheimer.

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Cette fois on retrouve chez Rembrandt cet écho des nocturnes, des chants de nuits d’Elsheimer. A la différence près que chez Elsheimer il y a du bonheur dans le petit groupe à peine éclairé par la lampe de Joseph. Tandis que chez Rembrandt, la famille en marche avance en pleine nuit, prise dans une lumière latérale vive, menacée sur sa gauche par un chardon ondulant qui projette sur sa droite une grande ombre mouvante.

Durant cette même année de 1627, Jan Lievens peint une Vanitas.

Une tête de mort, un sablier, une chandelle éteinte, un violon, des livres. Un thème déjà vu et revue. C’est donc l’année ou Rembrandt avance pendant que Lievens hésite.

Mon avis : J’ai particulièrement aimé cette peinture à l’huile de Rembrandt. Ce qui m’a tout de suite frappé c’est ce petit groupe qui surgit littéralement de l’obscurité. C’est seulement la lumière qui les dessine, et rien d’autre. On ressent aussi le mouvement de Joseph et de l’âne, on sait qu’ils se dirigent vers notre droite, on ressent cette marche alors que le pied de Joseph n’est pas levé.

Amicalement votre, (et bon Dimanche!)

David.

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